Rue Notre-Dame

 

 

Février 1976. Il gèle. J’accède au clocher de l’église Notre-Dame de Granville. De là, je tourne mon objectif vers la rue de mon enfance…

Rue Notre-Dame

 

Tu étires ton étroit ruban de l’église au moulin

Artère de la ville haute, tu irriguais la vie

Les âmes des corsaires hantent le parvis

Le vent d’ouest parle de courses et de marins

 

Muettes les marchandes de poissons

Les roues de leurs camions ne grincent plus

De tes trottoirs les poulbots ont disparu

Plus de bonbons place Cambernon

 

Jadis tu abritais  encore deux boulangeries

Le bois des boutiques n’habille plus la pierre

Le rideau est tombé sur la dernière boucherie

 

La maison du onze est désormais à ciel ouvert

Ses poutres calcinées, sa façade meurtrie

Plaie béante où s’envole l’enfance d’hier

 

25/4/02

 

 

 

Rue Notre-Dame

  Rue Notre-Dame

Le p’tit Lihou

ptitlihou

1979. Notre premier bateau : un Zef, dériveur léger d’initiation. Ici posé dans l’avant port de Granville. A l’avant, Yann, les pieds dans la vase. Que de bons moments au large de Granville, nos mises à l’eau à partir de la cale de Donville, nos arrivées sur la plage, le soleil qui scintillait devant l’étrave… La brise légère et l’insouciance de la jeunesse. C’était : le bonheur est sur l’eau, chapitre 1.

L’escalier de la grève

escalier-grève-du-nord

Un escalier qui mène vers l’estran

Août 2002. Je suis à la grève du Nord, au Nord de Granville. Cet endroit est mon terrain de jeux : la mare aux chats, le rocher fainéant, la cuve, le timon… autant de repères, de rochers parcourus, escaladés alors que nous étions gamins. Pour les enfants de la haute ville, nous avions là de quoi nourrir nos imaginations, nous dépenser, jouer en toute liberté de longs moments au bord de l’eau et parfois même, tenter d’arrêter la marée montante avec de dérisoires barrages de pierres, de sable et de varech… Devenu adulte, cet escalier sera emprunté de nuit pour aller poser des lignes au pied du timon ou sur le grand banc de sable proche de l’ourson. La grève, encore aujourd’hui conserve toute sa magie.

La grève du Nord

Sentinelle attentive au milieu des ruelles de sable

Sa haute silhouette vierge de tout goémon

Le rocher fainéant depuis des millénaires immuable

Protège la mare aux chats des assauts de Poséidon

 

Au loin manœuvre un équipage de cormorans

La plage arrière du timon accueille ces matelots

Le fier remorqueur veille depuis le début des temps

Son étrave minérale dominant les flots

 

Immobile la cuve préserve son mystère

Piscine naturelle semblable à un volcan

Où les crabes dorment au pied du cratère

 

Des dentelles de varech bordent le grand banc

Des flocons de bro parsèment les laminaires

Sur le museau brun de l’ourson se pose un goéland

 

4/4/02

 

Solaren

Solaren

Solaren à port Chantereyne Cherbourg

Septembre 1999. Solaren, un dériveur lesté de type Baco est amarré au quai d’artimon du port Chantereyne à Cherbourg. Construit en contreplaqué marine, il a été dessiné par Philippe Harlé et construit aux chantiers Aubin de Rezé près de Nantes. Après avoir été sur un corps mort dans le havre de Regnéville, après avoir navigué plusieurs fois vers Chausey il sera amarré en A16 à Chantereyne et naviguera au large de Cherbourg. Le roof finira hélas par se délaminer et une cadène de hauban cédera provoquant un dématage. Mis à terre au club nautique de la Marine, il terminera ses jours en 2004, et sera remplacé en avril par Soleil Noir, notre first 22 acheté à Grandcamp.